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    Note d'Intention
    "Îles"
    Une recherche menée par le Laboratoire des Hypothèses.
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    "îles" est un projet artistique qui s'inscrit dans le Laboratoire des Hypothèses, forme de recherche en art initiée et développée par Fabrice Gallis et qui concentre depuis 2011 la plupart de ses propositions.
    Le Laboratoire des Hypothèses s'est développé dans la continuité d'une commande pour l'espace publique de la ville de Rezé(44) qui consistait à installer une sculpture sur un champ de fouille archéologique. Ce projet de sculpture a ouvert un champ d'investigation de la mémoire qui, mué en objet dérivant, a embarqué la recherche archéologique à bord de son objet même.

    "Îles"est une forme artistique qui propose d'explorer les territoires oubliés de la rade de Cherbourg.
    Cette forme accueille une base de recherche, appréhende performativement le paysage, tout d'abord en y mettant le pied, puis en y énonçant des principes de construction mis en œuvre en temps-réel dans le mileu.
    Les réalisations éphémères mais fonctionnelles, constitueront des prototypes démontables à l'échelle 1:1.

    "Îles" se situe à cette limite précise entre sculpture et architecture, là où l'énonciation de formes produit de nouveaux espaces.


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    La Rade de Cherbourg est la plus grande rade artificielle d'Europe pour certains, du monde, pour d'autres.
    Elle est délimitée par une digue de 6kms flanquée de 6 places fortes construites entre 1784 et 1922, préservées des intrusions par leur caractère insulaire. Cette vaste zone maritime s'étend sur 1 500 hectares, soit l'équivalent de la surface urbanisée des 4 communes qui la borde.
    Jusqu'ici, la digue de Cherbourg n'a été accessible que par de rares visiteurs, militaires ou scientifiques.

    L'ambition du Laboratoire des Hypothèses est d'installer sur une de ces îles une base de recherche en art propice à l'expérimentation de formes plastiques dans un contexte soumis aux conditions extrêmes de la mer d'une part et de l'isolement d'autre part.
    Cette base pourra arpenter ce patrimoine laissé pour compte et, par les méthodes propres au laboratoire, concevoir des solutions d'occupation et de valorisation jusqu'ici inédites.
    La recherche s'appuie sur la construction performative de structures qui oscillent entre deux nécessités : habiter et donner à voir. Le laboratoire intervient en milieu ouvert, en constituant son espace d'accueil et d'exposition, au fur et à mesure de l'apparition d'hypothèses plastiques concrètes.

    La recherche est déjà lancée et soutenue par les financements européens de l'EACEA(Education, Audiovisual and Culture Executive Agency) pour les projets collaboratifs (collaborations avec OKNO(Bruxelles), Nadine(Bruxelles), Ecos(Nantes) au sein de la plateforme de recherche ALOTOF, "A Laboratory On The Open Fields").


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    Aussi étendue que la zone urbaine d'où on la contemple (environ 15 km2), la rade de Cherbourg présente une vaste zone "blanche" qui fait partie de la ville.

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    Une zone blanche, vierge, à explorer. L'horizon du Laboratoire des Hypothèses.

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    Les espaces intérieurs du fort Chavagnac deviennent un véhicule.


    Un paysage à une dimension.
    Où le Regardeur voit le monde comme une ligne.


    La digue de Cherbourg est une architecture dans l'oeil.
    Pour l'habitant de la baie, la digue se présente comme une ligne au large. Un peu plus sombre que l'horizon, cette forme abstraite occupe l'oeil du Cherbourgeois.
    Du supermarché à l'école, du bureau à la salle de sport, de la plage au Port, où qu'il aille, il l'emmène avec lui.
    Mais si la ligne habite l'oeil, le corps qui l'héberge, lui, n'y a jamais accès.

    Au fil du temps, il finit par croire que cette ligne n'est qu'une image abstraite, une projection optique sans étendue.

    Y accéder, y travailler c'est habiter l'oeil, faire de l'oeil le terrain d'investigation du laboratoire, donner à cette ligne vue l'épaisseur d'un espace parcouru. Guy Rottier en présentant en 1963 sa Maison de Vacances Volante défend la fonction d'émancipation de l'architecture. Le projet n'est pas une maison réalisable, l'émancipation passe par la création d'une forme qui occupe l'oeil pour donner au corps de nouvelles perspectives d'habitation.

    Antti Lovag, à partir de 1966 fabrique des maisons bulles enproduisant des prototypes de ces formes nouvelles. Simultanément, il habite une de ses maquettes au 1/8e.

    La frontière est aussi poreuse entre la maquette et l'habitat qu'entre l'image et le paysage. Quand Peter Cook projette ses principes d'architecture générale par des collages et David Greene initie l'habitat autonome, il lancent des programmes encore explorés aujourd'hui à la fois par des architectes de la mobilité (Jacques Rougerie) que par des artistes (Andrea Zittel).

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    Interféromètre du Plateau de Calern - Antti Lovag 1974-1977

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    Indy Island - Andrea Zittel 2010



    De Lineland à SpaceLand
    Où le Regardeur découvre une autre dimension.


    Chez E. A. Abbott (Flatland, 1884), la ligne est plus qu'un simple tiret, c'est un espace à part entière, l'expérience sensorielle d'un monde imbriqué dans le nôtre. "On pourrait même aller jusqu'à dire que c'est cet ensemble de contacts avec le monde environnant , cette expérience physique qui fait paysage.... Le paysage est un espace haptique plutôt qu'optique" (J.M Besse "Les espaces du paysage" in "Les espaces des paysages" ed.ESACM)

    La rade est épaisse, contient des axes larges comme des routes, des places, des espace de vie, une mémoire architecturale faite de strates physiques et imaginaires.

    Le laboratoire des hypothèses l'explore en faisant jouer la dimension performative propre à l'écriture de programmes, implémentant dans l'espace réel des algorithmes qui forment alors un programme de recherche.
    Cette méthode d'écriture concrète est un outil d'arpentage qui a pour but de changer momentanément l'usage d'un lieu en y invoquant des entités fictives.
    Il s'agit d'organiser une immersion, c'est à dire passer progressivement d'un espace virtuel (qui existe en puissance) à un espace actuel, en activant, à la manière des dispositifs numériques haptiques une à une des dimensions à un espace optique, une image. Cette image, ici, c'est le paysage.

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    La digue de Querqueville - ©2014 Alice Broillard
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    La digue de Querqueville - ©2014 Alice Broillard



    L'architecture militaire, une machine performative.
    Où le Regardeur est regardé.


    Les architectures de la rade de Cherbourg sont exclusivement militaires, conçues et déployées avec des moyens considérables dans un temps relativement court.

    C'est un ordre de Louis XVI, puis d'une phrase de Napoléon Ier « J'avais résolu de renouveler à Cherbourg les merveilles de l'Égypte » qui initient le processus. Le contexte et la fonction particulière des hommes qui les prononcent font de ces paroles des performatifs. (cf J.L.Austin "Quand dire c'est faire").

    Cette architecture définit ses propres espaces et s'autoalimente sans nécessité particulière (les constructions n'ont presque jamais été utilisées). C'est une machine autonome en attente perpétuelle.

    Quand le personnage du roman d'Adolfo Bioy Casares "L'invention de Morel" aborde l'île, il découvre ce genre de machine. L'île entière est une machine. Il finit par s'y encoder.

    Quelle soit littéraire (l'Utopie), militaire(le bunker) ou artistique (l'oeuvre), toute île est une machine à "calculer" le monde.
    Le laboratoire produit de tels îlots logiques qui entrent en concurrence avec l'île machine. Une base de recherche artistique renverse la machine pour un temps, la révèle, la rend accessible à l'oeil, l'ouie et la main.

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    Phases de travail 2014-2015
    I : Accéder à l'île - Expéditions (mai-septembre 2014)


    La première phase de la recherche en rade (6 mois environ) fait appel à la possibilité légale d'accéder pour un temps court aux lieux, d'y organiser un repérage systématique des singularités, des plateformes, et des infractuosités. Une succession de brefs séjours sur ces îles y décelera les traces de la vie passée, étudiera la vie actuelle et permettra d'y projeter les conditions d'une vie future.

    La digue et les forts de la rade appartiennent en majorité à la marine nationale mais aussi à des propriétaires privés et des structures industrielles (syndicats mixtes), des partenariats sont en cours de négociation avec ses différents acteurs du territoire. (Préfecture maritime, Ports Normands Associés)

    Embarcant des spécialistes de l'écoute (François Martig), du regard (Caroline Duchatelet), de la mesure (David Hélaine, architecte), de la frontière (Jean Cristofol) nous récolterons les éléments nécessaires à la contruction d'une maquette, croisant différentes échelles jusqu'à l'échelle 1:1.
    A terre, nous fabriquerons les prototypes de machines à arpenter, de systèmes de communication ou de dispositifs autonomes de survie.


    Ces formes seront testées dans les conditions les plus proches de l'île militaire, sans réseau électrique ni eau potable, au sein de constructions militaires qui parsèment la côte (bunkers privés disséminés dans la ville ou observatoires en pleine nature comme l'observatoire de la Lande Bruley à Fermanville)

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    L'espace bâti de la rade est inaccessible, il est gardé, et possède de ce fait la qualité d'un fantasme collectif. C'est une partie de la ville que personne ne pratique sinon en rêve. On rêve d'y camper, on rêve d'y pêcher, on y habite en rêve.
    L'espace contenu dans la ligne est largement fictionnel, il est constitué de l'assemblage des hypothèses rêvées, un kaleidoscope de projections mentales.
    Sa dimension n'a plus rien de mesurable, il s'étend ou plutôt se dilate dans le temps qu'un clignement d'oeil.



    Une ligne dans le plan, qu'il convient d'explorer.

    Les fortifications de la rade, leur situation insulaire et leur statut particulier en font une zone difficile à atteindre. S'étendant sur quatre communes (Querqueville - Equeurdreville-Hainneville, Cherbourg-Octeville et Tourlaville)

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    Observatoire de la lande du Bruley

    Ce prototypage à distance produira les solutions formelles et les modules techniques propres à permettre le travail en autonomie dans les îles-lignes, une maquette habitable de la base de recherche.

    Une connexion numérique sera développée pour échanger avec les explorateurs qui transmettront des éléments de leur activité sous forme de journaux, de videos, ou de bandes sonores.
    Ces éléments devront trouver une base de consultation à terre.

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    Matériel d'Expédition 2012 - Photo©Julien Crépieux

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    Radeau d'Expéditon "Le Fabrudy" 2012 - Photo©Bruno Persat




    II : Habiter l'île / Inventer l'île (printemps 2015-...)
    Après cette phase de test, la base de recherche sera installée.
    Durant quelques semaines ou quelques mois, un petit groupe de chercheurs habitera l'une ou l'autre des îles. Connectés par un faisceau radio numérique, ils transmettront en direct l'avancée de leur travaux à un camp de base à terre, ouvert au public.
    Leur fréquents échecs comme leurs rares réussites constitueront le modèle d'un système d'habitation à durée déterminée, toujours voué à se recomposer. Le lien vidéo sera l'espace d'écriture de fictions en temps-réel, d'événements en direct ou différé, l'outil de préparation à l'accueil d'autres chercheurs sur les lieux.

    Lors de cette seconde phase, le déplacement du laboratoire dans son espace de prédilection permettra d'y développer grandeur nature les hypothèses d'un usage du patrimoine aujourd'hui à réinventer. Jusqu'ici, tous les projets de reconversion de ces espaces ont échoué.
    La dimension de la rade et le contexte économique rendent en effet difficile la conception d'une rénovation généralisée à grand renfort de moyens titanesques. C'est à l'échelle du corps que s'inventeront les usages, en manipulant, habitant et pensant l'espace d'une manière concrète avant d'y projeter toute forme synthétique.

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    Base Antartique Charcot 1957-1958 - Photo R.Guillard

    Le laboratoire devra alors quitter son statut purement artistique afin de pérenniser une forme de recherche performative étendue à d'autres domaines, se définir comme observatoire du paysage (F.Martig) , architecture cryptique (P. Virilio), résidence d'artiste, Centre d'Interprétation, etc.

    Il pourra alors s'agir d'accueillir de nouveaux chercheurs, de définir ce qu'un public
    pourra y trouver, de construire l'habiter d'une ligne riche de toutes ces nouvelles dimensions.



    L'élaboration de systèmes de production en autonomie, la gestion du faisceau video de communication vers la terre
    Cette maquette sera la base, le décor et le terrain de jeu d'une seconde phase de la recherche.

    De la maquette comme élargissement du paysage :
    Comment le voyageur quitte le plan pour replacer une ligne dans l'espace.

    Le prototypage est pour l'industrie l'outil du temps intermédiaire entre l'innovation et la production. Le laboratoire des Hypothèses pratique le prototypage direct, dans une perspective performative de la construction. Quand une hypothèses est énoncée, il est urgent qu'un prototype soit assemblé. C'est bien là le principe d'une maquette performative à l'échelle 1:1.

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    Station Halley VI (in ICELAB - New Architecture and science in Antartica - Glasgow 2013)

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    Igloos modulaires - Icewall One



    Partenaires du Laboratoire pour 2014-2015 :
    au sein du projet ALOTOF (http://alotof.org) :
    - ECOS(Nantes) - http://www.ecosnantes.org
    - Okno (Belgique) - http://www.okno.be
    - Nadine (Belgique) - http://nadine.be
    - Yo/Yo (République Tchèque) - http://yo-yo-yo.org/en/
    - TIK Festival (Belgique) - http://timeinventorskabinet.org

    Ontime (Rezé) - http://ontime.fr
    Groupe Ornithologique Normand - http://www.gonm.org/

    Partenariats en cours de discussion :
    ESAM Caen / Cherbourg - Laboratoire de l'art et de l'eau - http://www.mepic.fr/ - en cours
    Mairie de Cherbourg
    Communauté urbaine de Cherbourg
    Le Point du Jour - Centre d'Art éditeur.

    Artistes, théoriciens, scientifiques, volontaires pour 2014-2015 :

    - Eddy Godeberge, concepteur, artiste
    - David Hélaine, Architecte DPLG, musicien
    - Caroline Duchatelet, artiste de l'attente
    - Alice Broillard, Paysagiste DPLG
    - François Martig, artiste de l'écoute
    - Jean Cristofol, épistémologue
    - Dominique Leroy, artiste bricoleur
    - Luc Kerléo, créateur de machines autonomes


    - Jocelyn Desmares, ornithologue passionné
    - Arthur James, vidéaste
    - Romaric Hardy, artiste
    - Charly Jeffery, sculpteur, performeur
    - Laurent Sfar, sculpteur
    - Bas Jan Ader, navigateur.
    - Loïc Vatan, musicien
    - Mathieu Delamotte,agent du patrimoine
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